Des sursauts parfois, des semblants de vie. Des samedis ou vendredis soirs, la vie à l'envers. Jamais des dimanches, ceux-ci étant réservés pour les battements de cils sur regards lointains. Savoir se mettre en scène, là est la question. Des phrases, des instants qui reviennent sans cesse. Répétitions rassurantes mais jamais rassasiées. S'offrir le luxe de rétorquer avec le phrasé d'une héroïne de film, quelques secondes, quelques instants encore.23 janvier 2008
19. Well, I feel so broken.
Des sursauts parfois, des semblants de vie. Des samedis ou vendredis soirs, la vie à l'envers. Jamais des dimanches, ceux-ci étant réservés pour les battements de cils sur regards lointains. Savoir se mettre en scène, là est la question. Des phrases, des instants qui reviennent sans cesse. Répétitions rassurantes mais jamais rassasiées. S'offrir le luxe de rétorquer avec le phrasé d'une héroïne de film, quelques secondes, quelques instants encore.17 janvier 2008
18. On a rainy sunday afternoon.
21:21. Et pourtant, ça m'étonnerait que quelqu'un pense à moi. Chut, pas de fausses excuses. J'aime écrire sans avoir la moindre idée des mots qui vont suivre, mais lorsqu'il s'agit de parler de moi tout est plus compliqué. 17 janvier 2oo8, état des lieux. Je ne suis toujours pas rousse. Je ne sais toujours pas ce que je fais là - ou devrait-on plutôt dire ici? En suspens. Je m'interroge sur la syntaxe des phrases précédentes. Est-ce correct, ne toujours pas? Contre-sens, néologisme ou barbarisme, peu importe après tout. J'aimerais être désinvolte. Je déteste être aussi directe, aussi claire. Les messages codés, les métaphores, les références et les longues sentences en anglais, c'est une chose. Regarder les choses en face, c'en est une autre. Je pense à ses mots : Parce qu'on s'enfonce dans le trou de la vie sans même y penser comme si c'etait naturel de se laisser crever sans avoir vécu c'est un peu ça tu vois. Je les aime tes mots. J'ai l'impression que chacun d'entre eux a été écrit pour moi. Douce illusion. Sans amertume. Silence. Je préfère largement romancer, enrober tout ça, vraiment.
16 janvier 2008
14 janvier 2008
16. Music's the only thing that makes sense anymore, man.
Et les contours de la douleur de ne sentir aucune épaule contre la nôtre se précisaient de jour en jour, jusqu'à devenir aussi réels qu'un mauvais rêve duquel on s'éveille sans soubresauts.
13 janvier 2008
11 janvier 2008
14. Show me the world as I'd love to see it.
Nostalgique, nous l'étions sans conteste. D'époques que nous n'avions pas connues et de la présence de personnes que nous n'avions pas encore rencontrées, certes. Nous nous exerçions aux sacro-saints soupirs du vendredi soir, pour pouvoir les reproduire - au regard lassé près - lorsque nous aurions été transformées en ménagères adeptes du cassoulet en conserve. Nous anticipions la monotonie de nos existences dans dix, vingt ou trente ans. Tôt ou tard, cela importait peu puisqu'un jour ou l'autre, nous nous pavanerions gaiement dans un appartement immense, armées d'un plumeau et d'un tablier à carreaux, comme des reflets à peine troublés de ce que nous aurions été si nous étions nées trois quarts de siècle plus tôt. Dans nos esprits impressionnables se dressaient les spectres du rouge à lèvres vermillon et du mascara horizon, des permanentes et du cirage de parquet. On aurait pu nous croire éplorées, amoureuses déçues ou même adolescentes tourmentées, mais nous faisions simplement des projets d'avenir. Nous nous confomions docilement à ce monde qui n'était pas le nôtre, dans lequel nous étions nées pour ensuite mourir, et entre ces deux événements ne se présentait à nous qu'une répétition de tâches sans intérêt et de taches à effacer en frottant doucement, puis vigoureusement, et enfin contempler avec un sourire béat la propreté de la surface concernée. Nous nous soûlions à l'eau minérale, vivions nos histoires d'amour embusquées entre des parenthèses, et notre plus grand acte de délinquance fut, un jour, de faire un détour lors d'un retour chez nous. Nos destins étaient tous tracés, semblables à ces allers-retours incessants ; nous serions comètes avec des oeillères.
10 janvier 2008
13. I don't wanna be reminded.
J'enclenche le mécanisme, c'est presque une habitude. Tout ce qui compte, c'est l'attente. Les heures passées sans le moindre mouvement cérébral, tous neurones aveuglés. On passe sa vie à attendre quelque chose. Lorsqu'on commence à attendre quelqu'un, c'est l'apogée du tragique. Les événements, soumis à d'implacables lois, surviennent toujours ; les personnes apparaissent moins souvent aux endroits auxquels on les attend.
Alors on compte les secondes en silence, puis les mois et les années. On compte les saisons, le nombre de jours jusqu'à Noël, on murmure mentalement dans l'attente des premières notes de notre chanson préférée, chaque bip de répondeur est un nouveau sursaut et les coups de marteau dans nos poitrines sont autant de cris muets.
Alors on compte les secondes en silence, puis les mois et les années. On compte les saisons, le nombre de jours jusqu'à Noël, on murmure mentalement dans l'attente des premières notes de notre chanson préférée, chaque bip de répondeur est un nouveau sursaut et les coups de marteau dans nos poitrines sont autant de cris muets.
wake from your dreams
the drying of your tears
today we escape
we escape
1 janvier 2008
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