28 octobre 2007

o1. Whiskey bar.

Finalement, il y a tellement de choses qui n'ont jamais été exprimées, de murmures morts dans mes poumons. Je ne sais plus dans quelle langue je pense, tout est mélangé. Je vois des métaphores dans les théorèmes de physique. La théorie de la chute libre m'obsède. Je me suis surprise à repenser à tous les gens que j'avais connus et que j'avais oubliés. A tous les articles que j'avais écrits ici, puis effacés. C'est facile la vie quand on ne regarde pas en arrière. Il y a un moment j'écoutais beaucoup Hungry eyes. Maintenant je me contente de Alone again naturally. On change, doucement. J'ai toujours voulu du fracas, des nuits d'orage et des pluies torrentielles. Je vis petitement. Je ne prends pas de chemins de traverse. Les phrases de Belle du Seigneur me trottent toujours dans la tête ; si cette sensation n'avait pas persisté, je m'en serais voulue. Je devrais placarder un Nulla dies sine linea au-dessus de mon bureau, le tatouer sur mon bras, je ne sais pas. Plus ça va et moins j'y crois. Pourtant, je m'y raccroche. Depuis que je suis capable de lire et d'écrire, toutes mes pensées ont été tournées vers ce but : je veux écrire. J'ai l'impression que mes rêves se sont mélangés, que tout est inextricable ; je refuse de me laisser porter par la vie. J'ai toujours voulu être maîtresse de mon destin, ne dépendre de personne. Je déteste quand mon palpitant s'affole. J'ai toujours souhaité pouvoir penser, à chaque instant, que si je partais maintenant, si je montais dans un train au hasard, je ne regretterais rien. C'est idiot ; on s'attache aux gens, on sanglote, on susurre, on s'esclaffe, on s'écrit, on se rature, on fausse. Sans doute la nature humaine est-elle faite ainsi. J'ai souvent souhaité avoir la capacité d'aller contre mes sentiments ; je n'en ai gardé que des blessures d'où s'écoulaient de l'encre.